Étude de réplicabilité

Comment LP4Y peut-il mesurer son impact sur l'inclusion des Jeunes?

LP4Y a décidé d’évaluer la capacité de son modèle à opérer un changement d’échelle lui permettant de démultiplier son impact, afin d’atteindre l’objectif ambitieux qu’il s’est fixé : donner à tous les jeunes marginalisés une chance de sortir de l’exclusion.

Deux étudiants d’HEC, auteurs du présent rapport, ont été recrutés pour mener cette étude. Ils ont passé 2 mois dans les centres LP4Y de New Delhi entre septembre et octobre 2016, pour échanger avec les jeunes du programme, les volontaires, et l’équipe fondatrice du projet LP4Y.

Les auteurs

Pauline Lange

Etudiante en M2 à HEC Paris, elle a acquis de l'expérience professionnelle en finance de projet  et en capital-risque (Natixis, SmartAngels). Formée à l'évaluation d'impact social par une ONG spécialisée (IM)PROVE, elle a réalisé diverses études d'impact pour différentes entreprises sociales.

Résumé exécutif

Guilhem Robert

Etudiant M2 à HEC Paris avec une expérience professionnelle en conseil en communication (Reputation Sqaud), il a acquis de l'expérience en gestion de produits web (Rocket Internet) et en capital-risque (SmartAngels).

Life Project 4 Youth travaille à l’insertion socioprofessionnelle de jeunes marginalisés et issus de la grande pauvreté (jeunes des rues, jeunes handicapés, ex-prisonniers, jeunes déscolarisés, jeunes mamans, etc.). Sa pédagogie associe expérience entrepreneuriale et coaching intensif, dans un programme d’un an en moyenne suivi de 6 mois de stage en entreprise. Les jeunes acquièrent ainsi les compétences de base requises dans le monde professionnel (anglais, informatique, compétences comportementales), une expérience de création et gestion d’une activité micro-économique, ainsi que le développement de leurs qualités personnelles et l’occasion de construire un véritable projet de vie.

 

LP4Y a développé une pédagogie innovante et un modèle unique, celui du Life Project Center, qui en 6 ans a été répliquée dans 4 pays différents et a permis d’accompagner près de 1 000 jeunes. Un impact encore limité au regard de l’ampleur du problème (environ ⅓ de la jeunesse mondiale — 621 million — est classifiée comme NEETs : not in employment, education or training[1]). Désormais au stade du projet pilote testé et validé dans divers contextes, LP4Y a décidé d’évaluer la capacité de son modèle à opérer un changement d’échelle lui permettant de démultiplier son impact, afin d’atteindre l’objectif ambitieux qu’il s’est fixé : donner à tous les jeunes marginalisés une chance de sortir de l’exclusion. Deux étudiants d’HEC, auteurs du présent rapport, ont été recrutés pour mener cette étude. Ils ont passé 2 mois dans les centres LP4Y de New Delhi entre septembre et octobre 2016, pour échanger avec les jeunes du programme, les volontaires, et l’équipe fondatrice du projet LP4Y.

 

Après une présentation de la pédagogie LP4Y, le rapport analyse les 6 premières années de développement :

  • Les choix de développement faits à ce jour témoignent de la volonté de construire un modèle unique et duplicable ;

  • 6 années d’expériences ont permis la consolidation et l’amélioration du modèle, sans pour autant le départir de sa cohérence et de sa simplicité ;

  • Les résultats d’intégration sont probants, bien qu’encore peu d’indicateurs soient disponibles à ce jour ;

  • LP4Y a fait des choix audacieux qui contribuent à une structure de coût avantageuse et maîtrisée. Par ailleurs, malgré une dépendance structurelle aux donations, la capacité de générer des revenus permet d’envisager à l’avenir d’une plus grande autonomie financière.

 

La partie III analyse de façon théorique la capacité du modèle LP4Y à se répliquer et démultiplier son impact. Pour ce faire, le modèle est passé au crible d’une grille de critères permettant d’établir ses atouts et d’identifier les défis qui se poseront au moment du changement d’échelle :

  • Le modèle présente des atouts incontestables : un pilote éprouvé, un impact prouvé, un solide réseau de partenaires, une réponse à un enjeu de développement massif qui préoccupe les décideurs politiques, une solution low-cost qui requiert peu d’intrants ;

  • Certains aspects du modèle sont cependant de potentiels freins à son développement, notamment (i) la dépendance structurelle aux financements externes, et (ii) une forte culture organisationnelle couplée à un important taux de roulement du personnel volontaire, ce qui impose d’allouer des ressources significatives au transfert d’expérience et à la formation.

 

La partie IV explore différentes stratégies d’expansion pour le modèle LP4Y. L’analyse des ressources nécessaires, atouts, et risques encourus pour chacune d’entre elles est illustrée de quelques exemples et s’accompagne d’une réflexion sur la possibilité de les articuler entre elles :

  • Une croissance dite organique nécessite des ressources trop conséquentes pour envisager un changement d’échelle à la hauteur des ambitions de LP4Y, mais reste une option adaptée à des contextes exigeants ;

  • Le développement d’un réseau contrôlé de partenaires extérieurs, assimilables à des franchisés, permet un réel changement d’échelle tout en maintenant ce qui fait aujourd’hui le succès du projet LP4Y ;

  • Une stratégie de propagation du modèle via des actions de plaidoyer, de production de contenu en open source et de formation est susceptible d’avoir un impact significatif  (bien que difficilement quantifiable) et rapide, au regard des faibles ressources à engager ;

  • Les trois solutions sont complémentaires et peuvent être articulées en une stratégie de développement solide et cohérente.

 

La partie V propose et compare deux exemples chiffrés illustrant l’analyse de la partie IV. Les résultats sont les suivants : pour atteindre le même objectif (ouverture de 3 zones de 15 LPCs sur 5 ans), une stratégie combinant croissance organique et réseau franchisé requiert 2,4 fois moins de ressources financières sur les 5 années de développement, puis un budget annuel 3,7 fois moins élevé et une équipe 4,2 fois plus réduite que dans le cadre d’une croissance organique pure.

 

[1] Banque Mondiale 2013

Contactez-nous

Modèle d'innovation sociale frugale et efficace

LP4Y est Membre de

LP4Y Alliance

       USAngleterre                 Luxembourg

        BeLgique

        PhIlippines

     VietnAm

          INde & Nepal

     FranCe

   IndonEsie

Suivez-nous

  • Twitter Icône sociale
  • LinkedIn Social Icône
  • Icône social Instagram
  • Facebook App Icon
  • YouTube Social  Icon